December 26, 2019

Discours Théologique de la noël par le Dr Shawn Smith

Discours Théologique de la noël par le Dr Shawn Smith

À la fin du premier siècle, les Chrétiens demandèrent à l’Apôtre Jean de produire un récit du ministère de Jésus qu’il avait vécu. L’Apôtre Jean était à cette époque le seul survivant des douze. L’Apôtre Paul et tous les autres envoyés de notre Seigneur étaient morts en martyre et avaient scellé le témoignage rendu par eux au Seigneur Jésus-Christ par leur propre sang.

Vers la fin du premier siècle, il existait une forme falsifiée de Christologie appelée Gnosticisme, d’après laquelle Dieu ne peut revêtir la matérialité ou l’aspect physique du cosmos. Pour réfuter cette thèse, Jean avait rédigé plus tôt sa première épître. Ses deuxième et troisième épîtres ont quant à elles été écrites pour aborder des aspects de l’administration de l’Église, ainsi que la précision dans la doctrine afin de soutenir l’Apostolicité et l’Orthodoxie.

Sachant que le départ de Jean était proche, les Chrétiens lui ont également demandé de leur laisser un récit de la vie de Jésus-Christ. Celui qu’on appelait le bien-aimé, le disciple qui était connu pour avoir été le plus proche du Seigneur, a écrit ce que nous trouvons dans l’Évangile selon Saint Jean. Cependant après avoir écrit ce qui deviendrait le dernier livre du Nouveau Testament, il se sentit complètement insatisfait. Il ne savait pas si ce sentiment était dû au besoin d’une conclusion. Mais après trois jours de jeûne et de prière selon la tradition, l’Apôtre Jean a écrit ce qui se trouve dans Jean 1 :1-18.

Dans le prologue, l’Apôtre Jean affirme son éducation juive selon laquelle toutes choses tirent leur origine de Dieu. Seulement, il prend une déviation stricte qui indique une transition entre le Judaïsme et un nouvel âge en parlant du commencement qui précède celui dont Moïse parle dans Genèse 1 : « Au commencement était le Logos ». Il ne commence pas par la naissance de Christ, ni même par le commencement de Son ministère messianique à Son baptême, comme les autres Évangélistes l’ont fait. Il commence avant le commencement. Ce Logos qui s’est incarné en tant que Jésus-Christ, préexiste au commencement. Il est éternel, incréé, au-delà des âges ; Il précède donc le temps. Que sa naissance en tant qu’enfant, sa croissance jusqu’à l’âge adulte et sa contextualisation dans les âges de l’histoire ne nous fassent pas oublier qu’Il est le vrai Dieu du vrai Dieu qui n’a point de commencement, le Christ éternel qui est au-delà des âges, le Logos même de Dieu, la connaissance que Dieu a de Lui-même. Jean disait par-là à son lectorat que ce Jésus de Nazareth qu’ils ont tant méprisé et condamné à être crucifié, était le Créateur en personne, qui avait marché au milieu de nous.

Aux autres dévotes de la foi Abrahamique qui soutiennent le monothéisme, ceci est le point de séparation entre vous et nous. Vous considérez qu’il serait scandaleux que Celui qui ne peut être circonscrit se confine au temps et à l’espace. Seulement, je vous présente un paradoxe : s’il est impensable pour vous que Dieu soit devenu un homme, y a-t-il donc une chose que votre dieu ne puisse pas faire? Avant la création, Dieu nous présente le Logos de Dieu. Le terme « logos » provient du concept philosophique grec de ce qui produit un système de pensée. L’incarnation d’un système conceptualisé est appelé « logos ». Ce terme est utilisé pour parler de sujets, de matières. Par exemple, en biologie, on parle du logos du bios, le logos de la vie. En théologie, on parle du logos de Dieu. En d’autres termes, soutenir le logos signifie maîtriser, conceptualiser, donner clairement la compréhension de tout ce qui a trait à un sujet donné. Dire que Jésus, Celui qui est incarné, est le Logos de Dieu signifie qu’il est impossible de connaître Dieu en dehors de Jésus. Jésus-Christ est la théologie parfaite. Il rend l’ineffable si ordinaire que les hommes ont l’audace de Le mépriser.

« Le Logos est avec Dieu » ; il s’agit là d’une distinction entre Dieu et le Logos. Cependant, mystère des mystères, Il est Dieu. Ceci renvoie à l’exactitude. Il parle d’unité et de distinction, décrites par le mot grec pros, qui ne signifie pas seulement face à face, mais indique la relation la plus intime : un désir d’un don et de la réciprocité du don. Jean ne focalise pas notre genèse sur la création, mais bien avant cette dernière, sur la relation de toutes les relations : notre Dieu Lui-même, dont la nature est la relation. C’est cette relation qui est devenue chair. C’est cette vie de la Trinité qui devient incarnée quand Il devient l’Humain. Dans son prologue, Jean parle premièrement de Christ avant Son incarnation comme le seul et unique engendré, parlant de la relation spéciale entre le Père et le Fils. Mais dans l’incarnation, même s’Il n’a pas cessé d’être Dieu, Il est venu au milieu de nous. Remarquez la transition du seul et unique à Celui qui est simplement parmi nous ; la grande humilité de Celui qui est notre Dieu, qui n’a pas honte de se rabaisser, Lui, le seul et l’unique, pour s’identifier à nous – la création qu’Il a ordonnée – au point de ne pas être reconnu.

Le cœur de l’incarnation nous montre que notre Dieu est un Dieu qui partage. Il ne partage pas seulement Sa propre vie avec nous ; nous sommes appelés à la voir et à y croire. Le fait que le Logos a assumé notre humanité est également appelé par Jean la véritable lumière qui brille dans les ténèbres. Ce sont des thèmes que l’Apôtre Paul et lui-même développent dans leurs épîtres. De même que la lumière brille dans les ténèbres sans être affectée par elles, par Sa descente dans notre humanité, le Dieu-homme a assumé notre condition déchue sans être affecté par elle. Néanmoins, Il est entré dans nos ténèbres, ce qui nous donne un autre concept de l’harmatiologie, de la question du péché. Dans le langage métaphorique de la rédemption, Jean-Baptiste nous parle de l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. Mais l’Apôtre Jean nous parle de Jésus, la véritable lumière qui vient illuminer chaque homme qui entre dans ce monde. J’aimerais que vous fassiez une pause et que vous y pensiez. Il parle du péché comme étant des ténèbres, de l’obscurité. Pour apprécier un tel langage, rendons-nous au commencement même de la genèse.

Adam et Eve, les premiers parents – selon les enseignements de Moïse – après avoir péché, sont allé se cacher de ce qu’ils pensaient être la colère de Dieu. Ils se sont couverts d’un tablier de feuilles de figuier. Alors qu’ils entendirent la voix de Dieu marchant dans le jardin, ils se cachèrent. C’est là ce que signifient les ténèbres. Comment est-ce qu’un Dieu infini, omnipotent, omniscient, omniprésent, tout-puissant et illimité pourrait s’y prendre pour atteindre Sa création, Ses créatures ignorant que la raison de toutes choses et de la création du cosmos est qu’elles partageraient Sa vie? Ces créatures se cachent dans leur propre illusion; elles essayent d’échapper à un portrait de Dieu qu’elles ont peint à partir de leurs peurs et de leurs idées erronées. Comment devrait-Il faire pour leur révéler le dessein et le telos pour lesquels Il les a créées? Il n’avait pas d’autre choix que de devenir Lui-même ce qu’elles sont. Le Seul et l’Unique a dû venir marcher au milieu de nous et des buissons derrière lesquels nous nous cachions, tremblant dans nos feuilles de figuier, et nous révéler la véritable lumière qui éclaire le cœur de chaque homme. C’est aussi loin que Dieu est allé et est prêt à aller pour ne pas abandonner qui que ce soit parmi nous. À la plénitude du temps, Il est venu par le sein vierge, puis Il est allé en enfer et en est revenu. Il a préféré le faire plutôt que renier le dessein pour lequel nous avons été créés.

Selon les traditions des pères de l’Eglise, nous utilisons un langage fort qui a été employé à plusieurs reprises : Il a choisi de ne pas être Dieu en dehors de l’homme, mais Il a choisi d’être Dieu avec l’homme, en l’homme et en tant qu’homme. Lorsque nous comprenons l’incarnation, nous voyons que l’acte créateur de Dieu est bien plus qu’un travail d’artisan. Dieu n’a pas utilisé Sa puissance pour susciter quelque chose à partir de rien; c’est ce qu’on appelle “creatio ex nihilo”. Il a créé à partir de la relation qu’Il est. C’est pourquoi Il a refusé de nous abandonner à l’état de rien. Il n’a pas accepté que Sa création ait peur d’un portrait de Lui qui n’est pas vrai. Dieu n’a pas de plan B. L’union ne résulte pas d’une réflexion additionnelle que Dieu a eue pour remédier à la chute d’Adam ; c’est la nature même de l’être de Dieu. Nous avons été créés pour l’union.

Si pour quelque raison que ce soit, nous doutons de la primauté de l’union, regardons encore à ce qui s’est produit ce soir-là à Bethléem, pendant que les cieux et les chorales d’anges se réjouissaient de contempler  pour la première fois le visage de Dieu en l’Homme, Christ Jésus. L’incarnation n’est pas une visite temporaire de Dieu ; cependant à partir de ce moment jusqu’aux âges éternels, jusqu’à la consommation des choses à venir, Il est et sera le Dieu-Homme. Pourtant, dans Son corps glorifié, Il a choisi de garder les marques de Sa crucifixion, le signe de l’étendue à laquelle nos péchés ont blessé Dieu. Il porte les cicatrices qui Lui ont été infligées comme un badge d’honneur.

Seul Dieu peut sauver. Aucun prophète, aucun enseignant, aucun guide ne peut promettre ce que lui-même ne peut produire. C’est ce dont les disciples essayaient d’avoir la garantie pour leurs propres personnes lorsque Philippe a dit : Où vas-tu? Comment pourrons-nous Te suivre si Tu ne nous montres pas le chemin? Montre-nous au moins le Père; cela nous suffira. Personne avant Jésus n’était venu parler de Dieu selon une perspective interne ; chacun parlait de Lui comme un guide qui essaye de se rendre à un lieu où il n’a jamais été. Jésus traitait ces derniers d’aveugles guidant des aveugles. Seul Dieu peut sauver. A moins que ce Dieu n’entrât dans la création pour assumer la forme humaine, l’homme – celui qui devait être sauvé – n’aurait pas pu l’être. Dieu aurait pu décider de nous sauver par d’autres moyens, mais à moins qu’Il ne devienne Lui-même homme, l’homme n’aurait aucune garantie, aucune certitude ni aucune assurance d’atteindre le salut. Personne n’aurait su à quoi s’attendre jusqu’à la fin, jusqu’au Jour du Jugement. Mais si ce Dieu, qui seul a le pouvoir de sauver, revêt la forme humaine, nous assurant ainsi de l’objet et du sujet du salut, alors nous avons en ce Sauveur incarné une joie et une assurance inébranlables.

En tant qu’êtres humains, nous nous exerçons à toujours dépasser notre humanité. Quand nous regardons aux innovations, nous voyons que l’homme essaye de trans-humaniser notre espèce par la technologie et les progrès scientifiques. L’homme veut éliminer tout ce qu’il perçoit comme limite de l’humanité. J’appelle ce transhumanisme, une tentative d’atteinte du theosis qui a échoué. L’homme pense qu’en produisant des solutions artificielles à la mortalité, il pourra transcender la mort. Mais la mort n’est pas une question de technologie. En parlant des tentatives de l’homme de dépasser son humanité, prenons le cas de la nanotechnologie. Cette dernière vise entre autres à étendre la durée de vie des cellules et à opérer les cellules cancéreuses avant qu’elles se développent. Le premier cœur artificiel dont le battement pourrait s’étendre jusqu’à 280 ans est déjà en cours d’essai. Différentes entreprises sont en train de faire des expériences dont l’objet est de transférer la conscience humaine de nos corps à un autre corps n’étant pas fait de carbone. Tout ceci n’est qu’une tentative d’atteinte du theosis qui a échoué.

Dieu n’a pas méprisé, mais a assumé ce corps fait de carbone. Il n’est pas juste devenu un homme ; Il a été fait chair. Le mot ‘chair’ signifie qu’Il est devenu un homme avec toutes les faiblesses et tout l’inconfort de notre humanité. L’humanité que Jésus a revêtue était sujette à l’environnement. Il transpirait quand il faisait chaud, Il n’avait pas un nuage muni d’une climatisation céleste en permanence sur Sa tête. Son ventre n’était pas surnaturellement plein, Ses vêtements ne se lavaient pas eux-mêmes, Sa douche corporelle n’était pas automatique. Il a été tenté à tous points comme nous le sommes, sans toutefois pécher. C’est la doctrine de l’impeccabilité de notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’a pas péché, même s’Il a été tenté par tout et à tous points. Il n’a pas méprisé notre fragilité, mais Il devient homme pour transformer l’homme. L’Evangile nous réhumanise. Il n’y a pas meilleur moment que celui-ci pour devenir conscients de notre besoin de réhumanisation. C’est une époque durant laquelle nous avons tellement vu la mort qu’elle ne signifie plus rien pour nous ; un temps où le sang innocent versé rencontre une réponse froide et la corruption est perçue comme un mode de vie. Nous vivons une époque où nous avons oublié qu’il y a 2000 ans, le voisin que nous méprisons aurait pu être Dieu dans la chair. Nous avons besoin d’une revitalisation et d’une actualisation de ce que signifie être humain.

Voyons-nous véritablement à quel point Dieu aime l’homme? Jean nous dit que si nous prétendons aimer le Dieu que nous ne voyons pas tout en haïssant, en méprisant et en sous-estimant l’homme que nous voyons, alors nous ne pouvons prétendre connaître ce Dieu qui s’est révélé en tant qu’homme. Quelqu’un pourrait demander : Qu’est-ce qui rend ce Dieu qui est devenu homme unique ? En quoi est-ce qu’Il est unique ? Je vous félicite d’avoir posé cette question, mais j’aimerais vous rappeler que personne ne sera jamais Dieu incarné. Le fait qu’Il est devenu homme ne devrait pas vous faire oublier qu’Il est Dieu Lui-même, le créateur de toutes choses qui est entré dans ce domaine afin qu’en Lui, nous participions à la nature de Dieu. Sachez que personne d’autre ne sera jamais l’autorévélation de Dieu en personne. Mais par Sa demeure en nous, Il parle au cosmos à travers nous en tant que Ses épîtres vivantes. Sachez que personne d’autre ne sera le Dieu de miséricorde crucifié qui sauve l’humanité du péché et de la mort en les assumant, mais à travers Lui, nous attendons l’immortalité. Sachez que personne d’autre ne sera appelé Seigneur et créateur de toutes choses ; cependant, Il nous a invités et appelés à s’asseoir avec Lui à la droite de Son Père. Son unicité est sans pareil, mais Son humilité demeure incompréhensible. Dieu et l’homme, le créateur et la création, l’éternité et le temps, l’esprit et la matière, la Trinité et l’humanité sont devenus un. C’est là ce que signifie l’incarnation. Amen.

 


Cet article est extrait du service de la noel par le Dr Shawn Smith, pour vous en procurer une copie visitez gcmonlinestore.com ou écrivez nous à l’adresse gcmrelate@gmail.com

 

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